Vous êtes ici: Glossaire
Glossaire
 
  Notre nouveau shop est desormais en ligne : www.toit-du-monde.com
   
   

Petit Glossaire non exhaustif concernant un certain nombre de mots, de noms, et de termes utilisés dans notre site (termes généraux et termes issus du bouddhisme tibétain, bibliographie en bas de page).

 

Akshobhya:  

Akshobhyia aide à guérir des tortures de la colère. La haine et la colère constituent les obstacles principaux sur le chemin menant à l'illumination (voir Cinq poisons). Akshobhya représente la transformation de la colère en une sagesse parfaitement calme. On le trouve souvent représenté assis sur un trône de lotus, ayant la main droite dans une posture effleurant la terre et qui symbolise la fermeté et la constance. Sa main gauche tient parfois un Vajra vertical (sceptre de diamant). Le Vajra, ainsi que le geste d'effleurement de la terre, symbolisent son caractère inébranlable. Il fait partie des Cinq Bouddhas transcendants (voir rubrique) comme Amitabha et Amoghasiddhi; il est le chef de la famille des Vajra, son point cardinal est l'Est, son élément est la terre, la couleur de sa peau est le bleu.

 

Amitabha:  

Amitabha est le bouddha de la lumière infinie. Il est le plus ancien des Cinq Bouddhas transcendants, également appelés Tathagatas en sanskrit, les quatre points cardinaux ainsi que le milieu leur sont soumis, ils sont les gardiens et les souverains de ce que l'on appelle les paradis intermédiaires; Amitabha est le plus important et le plus populaire des bouddhas du Mahayana, Grand Véhicule. Amitabha incarne la transformation de la curiosité en sagesse discernante. Il est le chef de la famille du Lotus ainsi que le responsable du paradis intermédiaire, Sukhavati, dans lequel demeurent les êtres qui se trouvent au bord de l'illumination et de la libération. Sur certaines illustrations on distingue ses mains croisées faisant un geste méditatif. Son point cardinal est l'ouest, la couleur de sa peau est le rouge, couleur réfléchissant le soleil couchant, et son élément est le feu.

 

Amoghasiddhi:  

Amoghasiddhi est souvent désigné comme Le Tout Puissant, le réalisateur de tous les objectifs. Il symbolise la réalisation pratique de toutes les sagesses des quatre autres Bouddhas transcendants. Il porte une ceinture qui symbolise sa sagesse universelle. Son signe est la croix de Vajra, le double sceptre de diamant qu'il tient dans la main gauche sur certaines représentations. Il est le chef de la famille de l'Action, son point cardinal est le nord et son élément est l'eau, la couleur de sa peau est le vert.

 

Arbre de la Bodhi ou arbre de l'Eveil:  

Shakyamuni atteignit l'Eveil au pied d'un Pippala, figuier sacré surnommé tantôt Arbre de la Bodhi, tantôt Arbre de l'Eveil. Vipashyin, Vishvabhu, Krakuccandra, Kanakamuni, et Kashyapa, cinq des six bouddhas de notre ère qui précédèrent le Bouddha Shakyamuni, avaient atteint l'Eveil sous un Pippala, un Ashoka, un Sal, un Shirisha, un Udumbara et un Banyan, respectivement. Le Pippala, arbre sacré de Vishnu, s'appelle aussi Ashvatta, ou Arbre des chevaux, car ces derniers recherchent naturellement son ombre bienfaisante.

 

Arbre des nagas:  

L'arbre des nagas est un Champaka, arbre de la famille des magnolias. La distillation de ses fleurs blanches délicieusement parfumées produit un parfum ou un encens appelé Nag-Champa. L'arbre des nagas est l'emblème du bodhisattva Maitreya, que l'on représente fréquemment tenant une fleur ou une branche fleurie de Champaka dans la main gauche.

 

Asana:  

En sanskrit, Asana signifie Posture du corps. Les Asanas sont des postures corporelles rituelles qui recèlent la même intention que celle des mudras, à savoir exprimer une certaine énergie.

 

Ashoka:  

Le mince Ashoka au port altier et aux longues feuilles striées est un arbre asiatique commun qui se couvre, une fois par an, d'une profusion de fleurs rouges. Ashoka signifie Sans Souffrance. L'Ashoka est l'arbre sacré de Kamadeva, le dieu védique de l'amour et du désir. Cet arbre est réputé se couvrir de fleurs à l'instant même où une femme au coeur pur le touche. Pour les bouddhistes, l'Ashoka est l'arbre de l'Eveil du bouddha Vipashyin et l'emblème de la déesse Marici. Certaines formes de Marici et plusieurs des vingt et une Tara tiennent à la main un Ashoka en fleur ou une branche de cet arbre.

 

Avalokiteshvara:  

Avalokiteshvara signifie Le seigneur qui regarde avec compassion vers le bas. La voie du bodhisattva passe par dix étapes qui correspondent aux dix perfections. Arrivé au dixième degré le bodhisattva devient un Tathagata, synonyme de bouddha, qui signifie Celui qui est allé en nous, c'est à dire celui qui a atteint l'éveil. Avalokiteshvara est un des bodhisattvas célestes les plus populaires dans la culture tibétaine avec Manjushri, seigneur de sagesse. Avalokiteshvara serait une émanation du bouddha céleste Amitabha, il est l'incarnation de la compassion de tous les bouddhas, oeuvrant inlassablement à la sauvegarde de tous les êtres doués de sensibilité, en toute équité. Pour les Tibétains, Avalokiteshvara est sans aucun doute le symbole suprême de l'altruisme et de la compassion bouddhiques. Il y a au total 108 manifestations possibles d'Avalokiteshvara. La plus connue de toutes les représentations le mettant en scène le montre avec un visage, quatre bras et assis les jambes croisées sur un trône de lotus. Il porte une couronne à cinq branches. Dans ses deux mains de devant il tient le joyau qui permet d'exaucer ses voeux symbolisant la compassion universelle. Dans sa main droite antérieure, il tient un Akshamala, mala qui sert à se concentrer lors de la méditation et à compter les mantras récités. Dans sa main gauche antérieure, il tient une fleur de lotus qui symbolise l'épanouissement spirituel pur. Tous les Dalai Lamas sont considérés comme des réincarnations d'Avalokiteshvara.

 

Bardo:  

Pour les Tibétains, l'intervalle de temps entre la mort et la renaissance est le Bardo, littéralement Etat Intermédiaire, qui dure en général quarante neuf jours. Mais Bardo se réfère aussi à n'importe quelle période de transition entre deux états. L'expérience quotidienne de la vie est également divisée en trois bardos ou période intermédiaires, l'état de veille, l'état de rêve et l'état méditatif. Selon le bouddhisme mahayana et vajrayana développé au Tibet, il y aurait six états de Bardo, six états distincts de la conscience. Pour les mettre à profit, il convient d'avoir une bonne pratique de la méditation. Calme et stabilité d'esprit sont indispensables à une vision claire des choses. Le Bardo du rêve va du moment de l'endormissement à celui du réveil et correspond donc au sommeil, avec ou sans rêve. Comprendre le Bardo du rêve peut nous conduire à comprendre la nature illusoire de tous les phénomènes.

 

Bodhisattva:  

Littéralement Etre d'Illumination. Un Bodhisattva est un être qui vit dans chaque vie dans l'esprit de l'illumination et selon le Vajrayana (Véhicule du Diamant), et dont l'aspiration consiste à vouloir devenir un Bouddha pour le plus grand bien de tous. Les pratiques principales du Bodhisattva sont Les Six Perfections: générosité, éthique, patience, effort, concentration et sagesse. Dans la conception propre au Mahayana (Grand Véhicule), un Bodhisattva est un être qui, ayant atteint l'état d'Eveil, pourrait être délivré du Samsara, le cycle des réincarnations, et entrer dans l'autre dimension, le Nirvana, mais qui, poussé par un profond altruisme, choisit de rester dans le Samsara pour aider d'autres êtres à se libérer. Avalokiteshvara, Manjushri, Tara, Vajrapani et Samanthabhadra font partie des Bodhisattvas célestes. Il existerait deux types de Bodhisattvas, ceux qui sont parfaitement éveillés et dont les caractéristiques apparaissent clairement, et ceux qui ne peuvent manifester complètement leurs qualités, étant encore sous l'emprise de forces négatives. Les signes de reconnaissance des bodhisattvas sont la bonté naturelle et totalement désintéressée, l'absence de fourberie ou de duplicité, la compassion pour tous les êtres et une grande pureté intérieure. Ces qualités chez une personne ouvrent la possibilité qu'elle fasse partie de la famille des Bodhisattvas latents.

 

Bouddha:  

Un Bouddha est un être complétement éveillé qui a atteint une compréhension globale de la nature de la réalité. Compréhension accompagnée d'une capacité infinie d'empathie, de sagesse effective et de compassion universelle. Un Bouddha contribue au bien-être de l'ensemble des êtres vivants à chacun de ses actes. Il possède la capacité de détachement complet par rapport à la souffrance et aide les êtres vivants à trouver le chemin les libérants du Samsara, le cycle des réincarnations. Les Bouddhas n'interviennent pas directement dans la vie de ceux qui cherchent. Ils répandent seulement l'enseignement bouddhique et en constitue la preuve vivante. Ils soutiennent et servent de modèle pour les personnes qui sont en recherche en leur montrant le bon chemin sans pour autant les guider, ils éclairent le chemin qui conduit à la connaissance.

 

Bouddha de médecine:  

Les Tibétains vénèrent des bouddha de médecine regroupés par huit ou neuf divinités. Parmi celles-ci, Bhaishajyaguru (sanskrit) ou Menlha (tibétain) Roi de la lumière d'aigue-marine est la plus renommée. Les images représentent le plus souvent ce bouddha d'une couleur bleue ou or. Sa main droite fait le geste de la charité et tient un rameau de myrobolan, fruit médicinal, tandis que sa main gauche tient un bol en aigue-marine rempli d'ambroisie, un breuvage qui possède trois pouvoirs: celui de soigner et de ressusciter, celui d'empêcher la vieillesse et celui de permettre l'accès à l'état spirituel supérieur.
Sept autres bouddha composent les groupes de huit divinités: Simhanada, Abhijnaraja, Acokottamasri, Saraghosaraja, Suvarnabhadravimalaratnaprabhas, Dharma-kirtisa-garaghosa et Suparikirtitanamasri. Les représentations comprenant neuf divinités incluent également Sikhin. Ils se différencient entre eux par des attitudes et des couleurs de peau légèrement différentes.

 

Bouddhisme Tibétain:

 

Le bouddhisme est l'un des grands systèmes de pensée orientaux, né en Inde au VIe siècle av. J.-C.. Il est fondé sur les Trois Joyaux: les bouddhistes déclarent prendre refuge dans le Bouddha, le fondateur du bouddhisme, dans le Dharma, la doctrine du Bouddha, et dans le Sangha, la communauté des adeptes. A l'origine, le bouddhisme n'est pas vraiment une religion, mais une Leçon de Choses (dharma en sanskrit), ce terme désignant à la fois la réalité, sa loi et son exposé. Les quatre nobles vérités qui sont à l'origine du bouddhisme sont: la vérité de la souffrance ou de l'insatisfaction inhérente, la vérité de l'origine de la souffrance engendrée par le désir et l'attachement, la vérité de la possibilité de la cessation de la souffrance par le détachement, et la vérité du chemin menant à la cessation de la souffrance, qui est la voie médiane du Noble Sentier Octuple. Ayant développé une philosophie de la sagesse et de la compassion, le bouddhisme tibétain continue de nous parler aujourd'hui en dépit de sa grande ancienneté. Le Tibet, nommé par ses habitants le Pays des Neiges, région de haute altitude aussi vaste que l'Europe occidentale a, pour ceux qui y vivent, quelque chose d'effrayant et de magique à la fois. Le bouddhisme tibétain, également connu sous le nom de Véhicule du Diamant (Vajrayana en sanskrit), trouve ses racines dans le Vajracchedika Prajnaparamita Sutra, ce qui signifie quelque chose comme La perfection de la sagesse qui coupe comme le diamant. Le bouddhisme tibétain résulte d'une fusion entre Mahayana et Vajrayana, additionnée de sciences et de pratiques psychologiques et chamaniques aux origines très anciennes et mystérieuses. Il se distingue par un rituel très riche, une grande variété de pratiques et par différentes lignées qui toutes reconnaissent le Dalai-Lama comme autorité suprême. Quatre lignées principales détiennent l'ensemble de la doctrine: Nyingma (les Bonnets rouges), Gelug (les Bonnets jaunes), Shakya et Kagyu. L'actuel Dalai-Lama, Tenzin Gyatso, chef politique et spirituel du Tibet, appartient à la lignée Gelug (les Bonnets jaunes), sa personnalité bienveillante et charismatique a beaucoup contribué à la diffusion du bouddhisme tibétain en Occident. Bouddhisme qui demande à ses adeptes de dépasser le simple stade de la perception humaine et de ses limites étroites et de reconnaître que rien n'existe en dehors de la conscience pure, loin du monde des apparences constitué des phénomènes qui nous entourent. Le bouddhisme tibétain insiste sur le fait qu'une seule chose est certaine, la mort, et une seule chose tout à fait incertaine, l'heure à laquelle elle surviendra. Ce postulat une fois posé, il en découle un système qui, loin de s'appesantir sur la mort, s'efforce avant tout de nous enseigner comment vivre en harmonie avec nous-même et avec les autres. Le symbole central du bouddhisme tibétain est le Vajra (traduction sanscrite de diamant ou pierre précieuse) qui représente un sceptre liturgique. L'un des textes les plus importants du bouddhisme est le livre des morts tibétain. Livre abordant l'état intermédiaire entre la mort et le retour à la vie, cela s'appelle Bardo Thodol en tibétain; Bardo renvoyant à la notion d'espace intermédiaire. En lisant le Bardo Thodol, nous apprenons à ne plus penser, ne plus agir de manière dualiste et à transformer la confusion en sagesse.


Cinq Bouddhas transcendants:  

Les Cinq Bouddhas transcendants, également appelés Tathagatas en sanskrit, sont les gardiens et les souverains des paradis intermédiaires, les quatre points cardinaux ainsi que le milieu leur sont soumis. Ils symbolisent les différents aspects de la conscience éclairée, Tathagata signifiant Un de ceux qui est arrivé à cela, en sanskrit. Les Cinq Bouddhas transcendants sont aussi le symbole de la pureté des cinq facteurs d'existence, corps, sensation, perception, mouvement de l'esprit et conscience; des cinq éléments, eau, feu, terre, air et éther; des cinq couleurs, vert, bleu, blanc, rouge et jaune; des cinq sagesses, la sagesse du grand miroir rond, la sagesse de l'essence, la sagesse impartiale, la sagesse de l'intuition du particulier et la sagesse de la pratique parfaite; des cinq défauts, l'aveuglement, la colère haine, l'égoïsme, le désir passionnel et la jalousie avarice; et des cinq familles de bouddhas, l'action, le diamant, la roue, le lotus et le joyau. On les trouve souvent représentés en liaison avec les huit symboles du bonheur, l'ombrelle (chattra en sankrit), les poissons dorés (Survanamatsya), le vase ou calice de diamant (Salasa), le lotus (Padma), la conque ou coquille d'escargot s'enroulant vers la droite (Daksinavartasankha), les noeuds infinis (Srivatsa), les étendards de victoire (Dhvaja) et la roue (Cakra). Les Cinq Bouddhas transcendants aussi appelés Bouddhas Dhyani sont: Amoghasiddhi (son point cardinal est le Nord, son élément l'eau, la couleur de sa peau est le vert), Akshobhyia (son point cardinal est l'Est, son élément la terre, la couleur de sa peau est le bleu), Vairocana (son point cardinal est le Centre du monde, son élément l'éther, la couleur de sa peau est le blanc), Amitabha (son point cardinal est l'Ouest, son élément le feu, la couleur de sa peau est le rouge), Ratnasambhava (son point cardinal est le Sud, son élément l'air, la couleur de sa peau est le jaune).

 

Cinq poisons:  

Cinq émotions négatives qui perturbent l'esprit: l'ignorance, la stupidité ou l'étroitesse d'esprit; l'attachement ou le désir; l'aversion, la colère ou la haine; la jalousie ou l'envie; l'orgueil ou l'arrogance. A cette liste s'ajoutent parfois les idées fausses.

 

Cloche et Foudre de diamant ou Drûlbu et Dorje en tibétain:  

La Cloche tibétaine rituelle (Ghanta en sanskrit ou Drilbu en tibétain) représente le principe féminin, la perfection de la sagesse et l'expérience directe de la vacuité. La Cloche symbolise la connaissance du vide de tous les phénomènes et aussi la fugitivité des choses. Elle est toujours tenue dans la main gauche et associée au foudre (Vajra en sanscrit ou Dorje en tibétain) dans la main droite. Foudre, vajra ou encore dorje, symbole majeur dans le bouddhisme, il symbolise la nature impénétrable, impérissable, inébranlable, immuable,indivisible et indestructible de la réalité absolue, autrement dit de l'Eveil du Bouddha. Foudre et cloche forment à la fois le symbole le plus ordinaire et le plus complexe du bouddhisme tibétain. Rites et cérémonies ne sont guère concevables sans eux, de la méditation solitaire aux vastes rassemblements qui marquent la vie monastique. Ensemble, ils représentent l'unité qui lie samsara et nirvana, ils constituent le symbole qui annonce la voie menant à l'illumination: la voie et le but sont inséparables. L'unité du pouvoir masculin et de l'énergie féminine, l'union indissociable de la vacuité et de la forme, l'équilibre entre les deux s'établit par le biais des mudras, les gestes rituels de la main.

 

Conque à spirale dextrogyre (dont l'ouverture est a droite):

 

La musique liturgique tibétaine est riche de sonorités fascinantes dont certains disent avoir ressenti de prime abord une sainte frayeur. Ces sonorités sont façonnées pour induire une réceptivité à des vibrations singulières, porte ouverte sur une réalité au-delà de la réalité. La Conque Blanche, sankha ou dundkar, fait partie des huit signes de bon augure, huit symboles de bonheur. Elle a l'aspect d'une coquille d'escargot s'enroulant vers la droite. La Conque symbolise la gloire de l'enseignement bouddhique proclamant, l'illumination de Bouddha dans toutes les directions et porte parfois le nom de trompette de victoire. Objet rituel bouddhique des plus anciens, son bec est le plus souvent plaqué d'argent et son pavillon décoré, sa sonnerie de bon augure est réputée bannir les mauvais esprits, repousser les désastres naturels et mettre en fuite les créatures nuisibles. Elle rappelle aussi aux fidèles leurs devoirs quotidiens.

 

Conscience:  

Elles sont au nombre de huit, cinq sensorielles et trois mentales; la sixième conscience enregistre ce que les cinq consciences sensorielles appréhendent; la septième est la conscience Souillée par l'ego, celle qui réagit, juge, étiquette; la huitième est alaya notion complexe (évoquant par certains aspects celle d'inconscient en psychanalyse). Alaya huitième conscience est une sorte de lieu de stockage dans laquelle s'accumulent les mémoires et les empreintes karmiques de nos actions, vues comme des forces agissantes. Alaya détermine la personnalité et sa continuité au-delà de la mort lorsque les sept consciences actives sont absentes.

 

Dakini:  

Dans le bouddhisme tantrique le terme dakini s'emploie pour désigner certaines déesses d'aspect farouche, en fonction du contexte. Le nom de dakini constitue d'une part un terme générique qui désigne une catégorie de déesses et d'autre part la dénomination d'un personnage spécifique.

Les dakini comme catégorie de déesses. Dans cette acceptation, dakini se traduit par Celle qui vole dans le ciel. Elles correspondent et sont associées chacune à un des cinq Dhyani-bouddha: Bouddhadakini à Vairocana, Vajradakini à Akshobhya, Ratnadakini à Ratnasambhava, Padmadakini à Amitabha, Karmadakini à Amoghasiddhi.

La déesse Dakini. La dénomination de Dakini est le nom propre d'une déesse qui appartient à la suite de Samvara et de Vajravarahi. Elle serait l'incarnation en une seule divinité des abbesses du monastère de Samding, situé au bord du lac Yamdrok. Ses représentations la montrent quasi nue, couverte seulement d'un tablier d'ossements, d'un collier et d'un diadème, assemblages de crânes humains. Elle possède un troisième oeil frontal. S'appuyant sur sa jambe gauche légèrement fléchie, elle effectue un mouvement vers la droite. Elle foule aux pieds deux divinités.

Les dakini comme synonymes de yogini. Le terme de dakini englobe aussi une longue série de déesses mineures. Il correspond alors au terme de yogini, qui désigne les compagnes des yogi avec lesquels elles se livrent à des rites érotico-mystiques.


Dalaï-Lama:  

Dalai-Lama signifie Océan de Sagesse; c'est le nom que les Tibétains emploient depuis le XVIème siècle pour désigner leur plus grande instance spirituelle et temporelle. L'actuel Dalai-Lama, Tenzin Gyatso (né le 06 juillet 1935 dans un petit village du nord-est du Tibet), est le XIVème du nom et le plus célèbre d'entre eux. Comme tous ceux qui l'ont précédé, il est considéré comme étant la réincarnation du grand boddhisattva Avalokiteshvara.

 

Damaru:  

Le Damaru, instrument de musique à main, est un double tambourin pourvu de battants reliés par une ficelle. Le mouvement rapide de balancier imprimé aux deux battants permet d'obtenir un bruit de percussion qui correspond à la notion de fugitivité des choses. Les sons induits par le Damaru sont identiques à ceux qui existent à l'intérieur de l'homme. Ces sons durs et élevés doivent en outre permettre d'éveiller à la connaissance une humanité qui dort avec les yeux ouverts.

 

Déité:  

Le bouddhisme dispose d'un très riche panthéon de divinités, ou déités. Celles qui sont reconnues par le Mahayana sont les mêmes que celles des écoles anciennes, alors que le Vajrayana tibétain y a ajouté des divinités féminines et des dieux courroucés. Elles vivent dans des mondes différents des hommes et ne peuvent accéder au Nirvana du fait de leur cécité aux Quatre Nobles Vérités.

 

Dilgo Khyentsé Rinpoché:  

Dilgo Khyentsé Rinpoché (1911-1991) fut l'un des plus grands poètes, érudits, philosophes et maîtres de méditation qu'ait connu le bouddhisme tibétain du XXème siècle. Il a beaucoup contribué à la diffusion du bouddhisme en Occident. Matthieu Ricard fut l'un de ses disciples. Matthieu Ricard, biologiste de formation, a abandonné une brillante carrière scientifique pour se convertir au bouddhisme à la fin des années 1960. Il est actuellement, en langue française, le traducteur officiel du XIVème Dalai-Lama et l'accompagne fréquemment dans ses voyages en tant qu'interprète.

 

Double Vajra:  

Le Double Vajra appelé aussi Vajra croisé ou Vajra Universel, il proclame la présence de l'absolu dans les cinq directions cardinales, et sert également de symbole d'harmonie, d'immuabilité et de connaissance universelle. Il se compose d'une sphère centrale de laquelle émanent quatres trônes de lotus coiffés chacun d'une tête de vajra. Le Double Vajra est le symbole de la stabilité absolue. Constitué de deux foudres unis en son centre, il matérialise l'indestructibilité de l'essence de tous les phénomènes, la compréhension la plus achevée de la vérité adamantine (qui a les propriétés du diamant, la nature du diamant).

 

Drapeau de Prière:  

Les Tibétains ont pour coutume de dresser sur les toits de leurs maisons des Drapeaux de Prières. Les drapeaux de prières ornent les ponts qui enjambent de tumultueux cours d'eau, ou s'amoncellent au passage des cols. Les Drapeaux de Prières deviennent bannières de victoire aux alentours des monastères, et signalent sur de hauts mâts les endroits dignes d'attention, les grottes sacrées du Toit du Monde. Les drapeaux de prières sont un moyen de répandre la bonne parole sur tous les êtres. Des formules bénéfiques sont imprimées sur de petites pièces de tissu aux cinq couleurs fondamentales (jaune, blanc, rouge, vert et bleu), qui correspondent aux cinq éléments (terre, eau, feu, air et éther), aux cinq sens ou encore aux cinq sagesses. Leur fonction est aussi d'attirer la chance, de conserver la santé en conjurant les maladies, le mauvais oeil, les démons ou le sort maléfique, et de manifester enfin sa gratitude pour un voeu exaucé ou un bienfait inattendu.

 

Ego:  

L'Ego est l'idée que nous nous faisons de nous-mêmes, notre tentative de saisir et d'imposer ce que nous pensons être notre Moi. Pour le bouddhisme, ni l'Ego ni le moi n'ont d'existence réelle, le seul Soi indiscutable et intangible c'est la nature de l'esprit qui correspond à l'état de connaissance ou Eveil. L'Ego est le principal responsable des difficultés que nous rencontrons dans nos relations avec les autres. C'est le petit despote intérieur qui nous porte à vouloir nous affirmer toujours et partout, juste pour nous sentir exister; à essayer de posséder, contrôler et accaparer les choses, les personnes, les idées, les émotions au lieu de simplement les laisser surgir, puis passer; à forcer les situations, faire durer ce que nous trouvons agréable et éliminer ce qui nous est pénible, alors que tout est par définition transitoire, impermanent. Supprimer cet Ego qui nous empêche d'être heureux, d'avoir de la bienveillance, permet de retrouver ce que le bouddhisme tibétain appelle Rigpa, la vue claire, la nature de l'esprit. Pour le bouddhisme, l'individu n'est pas Un mais constitué de cinq facteurs (skandhas) ou agrégats. Cinq agrégats ou skandhas: premier agrégat rupa, le corps physique; deuxième agrégat vedana, les sensations et les émotions (agréable, désagréable, joie, douleur, etc.); troisième agrégat samjna, les perceptions (mémoire, imagination et jugement); quatrième agrégat samskara, les pulsions, la volonté; cinquième agrégat vijnana, la conscience-connaissance. Plus l'Ego disparait, plus le Nirvana apparait.

 

Fleur de Lotus, Padma en tibétain:  

La Fleur de Lotus est considérée comme le symbole de la pureté de l'esprit, et également de l'origine pure ou divine. C'est en particulier le cas du Lotus ouvert qui est le symbole de la pureté de la génèse, de l'origine: à partir de la boue dans laquelle il s'enracine, le Lotus élève sa floraison immaculée au dessus de la surface de l'étang et restitue ainsi l'épanouissement harmonieux de la spiritualisation. La Fleur de Lotus est ainsi l'un des principaux symboles bouddhistes. Tara blanche, l'une des principales bodhisattvas féminines de la famille Lotus, tient un Lotus blanc à seize pétales, signe de la perfection des qualités et de la jeunesse éternelle de cette déesse. Le Lotus sur lequel les bouddhas et déités se tiennent assis ou debout représente leur origine divine, ainsi que la perfection naturelle et la pureté du Corps, de la Parole et de l'Esprit éveillés. Le trône du lotus se compose d'une couronne de fleurs ouverte simple ou double, de couleurs variées lorsqu'elles sont représentées en couleur. Le Lotus est utilisé comme symbole du cosmos. Pour le Lotus Triple tenu d'une main entre le pouce et l'index, la branche, le bourgeon et la fleur symbolisent les trois temps: passé, présent et futur.

 

Gautama Siddharta, Bouddha:  

Siddharta Gautama vivait il y a environ 2500 ans au Bihar en Inde. C'était le fils d'un souverain d'un petit royaume dirigé par la tribu des Shakya. Le nom de famille du Bouddha était Gautama, son nom de prince était Siddharta, et après son illumination il prit le nom de Shakyamuni qui signifie Le Sage des Shakya. Longtemps protégé des souffrances du monde extérieur et des réalités dans le palais de son père, c'est lors d'une sortie, de cet univers sur-protégé, que le déclic initial survint, confronté à la misère et à la réalité. Après une rencontre avec des ascètes, et après avoir cru aux principes de vie de ces derniers, il prit conscience que son chemin était ailleurs. Il se mit sous un arbre, un bodhi, à proximité de la ville de Gaya (Bodhagaya) afin de méditer. Pendant une longue période il resta ainsi en méditation, puis une nuit il eut une illumination, il venait de trouver la réponse à la question concernant le sens de la vie. C'est précisément ce sens qui est au centre de l'enseignement bouddhique. Gautama Bouddha quitta la forêt, se rendit à Sarnath près de Varanasi en Inde, et à un endroit connu aujourd'hui sous le nom de place des cerfs eut lieu le premier sermon d'initiation à l'enseignement des Quatres Nobles Vérités; celui-ci repose sur les éléments de connaissance suivants: 1-La vérité de la souffrance, 2-La vérité de l'apparition de la souffrance, 3-La vérité de l'annulation de la souffrance, 4-La vérité du chemin qui conduit à l'annulation de la souffrance. Gautama Bouddha passa des décennies à propager ce message à travers l'Inde avant de disparaître vers l'an 480 de notre ère. Il est souvent représenté portant un simple vêtement de moine avec une couleur de peau dorée, les lobes des oreilles étirés vers le bas pour indiquer qu'il pouvait entendre à l'intérieur de lui-même, une petite boucle ondulante entre les sourcils symbolise l'oeil de la sagesse et le noeud dans les cheveux correspond à un signe d'illumination. L'enseignement de Gautama Bouddha doit être considéré comme un système d'explication qui conduit à pouvoir mettre un terme à la souffrance. Celui qui s'y adonne adopte un comportement éthique, au travers d'un recueil méditatif menant à la connaissance de la vraie nature de la réalité, consistant également à éviter d'infliger de la souffrance à d'autres êtres vivants.

 

Huit signes de bon augure:  

Omniprésents dans la vie spirituelle tibétaine, ces huit emblèmes, ou Tashi Takgay, trouvent leur origine dans un moment capital de la vie du Bouddha historique. Il est dit qu'à l'aurore qui suivit la fameuse nuit sous l'arbre de Both Gayâ, quand le prince-ascète atteignit enfin son but, la joie et l'allégresse se répandirent dans tous les royaumes de l'Univers. Et pour manifester ce grand bonheur, les êtres célestes accoururent, chargés d'une myriade de présents pour l'Eveillé. La mémoire des siècles et des hommes en a retenu quelques-uns, jugés essentiels et devenus emblématiques de la vénération témoignée au Maître. Ces symboles se plient à toutes les fantaisies de l'expression. Il peuvent être façonnés en bijoux, sculptés dans le bois, imprimés sur le papier ou le parchemin, ou même reproduits en simples décorations sur les objets de la vie quotidienne ou les instruments du culte. On les retrouve lors de réunions publiques ou privées, à l'occasion d'importantes cérémonies, ou pour accueillir les dignitaires de haut rang. Ils ont aussi la réputation de porter chance, appliqués sur les tentes ou le seuil des maisons, à l'entrée des monastères et des halls de prière. On les inscrit au flanc des montagnes, ou sur des rochers le long des routes. Les jours de fête, on les dessine en poudre blanche ou rouge sur les chemins qu'empruntent les invités ou les processions. Ils ornent parfois les mandalas, et les plus belles khatas les affichent, subtilement tissés dans la trame de leur soie. Les voici enfin: La Précieuse Ombrelle, chatra ou rinchen dug, est signe de dignité royale et protège de tous les maux. Les Deux Poissons d'Or, matsya ou sergyina, expriment ici la libération spirituelle. Le Vase ou coupe aux trésors, kalasha ou bumpa, contient des joyaux spirituels. La Fleur de Lotus, padma ou péma, symbolise la pureté originelle, attribut privilégié des bouddhas et bodhisattvas. La Conque Blanche, sankha ou dundkar, figure la parole qui proclame la gloire des Eveillés. Le Noeud sans Fin, srîvasta ou palbe, est témoignage d'amour ou d'éternité, représentant la vie infinie. La Grande Bannière, dhvaja ou gyaltsen, est en fait un drapeau roulé, qui atteste la puissance de l'enseignement bouddhiste ou la victoire de la Bonne Loi. La Roue d'Or enfin, chakra ou khorlo, est naturellement celle de l'enseignement (dharma), à pratiquer assidûment pour accéder à l'Eveil. Elle représente l'unité de toutes les choses et demeure le symbole par excellence de la doctrine. Dans la tradition tibétaine, il n'est pas rare d'associer aux huit signes de bon augure les sept joyaux, saptaratna ou rinchen nadun.

 

Impermanence:  

L'Impermanence est l'une des notions fondamentales du bouddhisme, selon laquelle tout change continuellement. Il est donc absurde de vouloir s'attacher à quoi que ce soit.

 

Interdépendance et non-dualisme:  

L'Interdépendance du bouddhisme est le principe selon lequel aucun objet, être ou phénomène d'aucune sorte n'existe en soi, tout est dépendant d'autres éléments, et n'a ni commencement ni fin. Le non-dualisme toujours dans le bouddhisme est basé sur la non-séparation, sur l'interdépendance et la complémentarité entre le sujet et l'objet qui n'ont pas de différence intrinsèque. Exemple, sans nuit il n'y a pas de jour, sans froid pas de chaleur, sans sujet observé, il n'y a pas d'objet observé. Ce mode de pensée est l'opposé de la vision dualiste qui caractérise le mode de pensée occidental.

 

Karma:  

Littéralement action; tout acte intentionnel accompli par un être doté d'esprit. Il détermine notre vie actuelle et nos vies futures, selon la loi de rétribution des actes. Tout ce qui arrive, au niveau individuel, national, planétaire ou cosmique, est régi par la loi du Karma. On parle de liens karmiques, d'empreintes karmiques, pour les existences successives. Le Karma ou la loi de cause à effet gouverne l'Univers tout entier. Ce qui nous arrive n'est jamais le fruit du hasard, mais le résultat de ce que nous avons fait dans cette vie ou dans des vies précédentes, et chacune de nos actions présentes aura immanquablement des effets qui se manifesteront, selon les cas, dans un avenir proche, moins proche ou très lointain. Comprendre la notion de Karma, c'est donner à chacune de nos pensées, paroles ou actions toute l'importance qu'elles méritent, car comme une graine porte en elle un futur fruit, chaque action porte en elle ses conséquences. Croire à l'astrologie c'est déjà croire au Karma, et en astrologie comme en bouddhisme nous pourrons d'autant mieux exercer notre libre arbitre que nous serons conscients de nos atouts et de nos handicaps de départ, et déterminés à optimiser les premiers tout en combattant les seconds.

 

Lâcher-prise:  

Abandonner la saisie du soi et donc l'affirmation de l'ego, renoncer à vouloir retenir quoi que ce soit (objets, personnes, émotions, pensées, etc.). Le lâcher-prise se fonde sur la compréhension de l'impermanence et donc sur l'absence de réalité intrinsèque du monde et des phénomènes tels que nous les percevons.


Livre sacré, pustaka ou lèkbam:  

Le livre sous sa forme ancienne (encore utilisée aujourd'hui dans les monastères tibétains), se présente comme un ensemble de feuilles volantes, imprimées dans le sens de la largeur, serrées entre deux planches de bois et, lorsqu'il est rangé, enveloppé dans un morceau de brocart.

Lorsqu'il est tenu par une divinité, reposant souvent sur un lotus, il représente un volume des soutras de la prajnaparamita, la perfection de connaissance, exposée par le Bouddha au Pic des Vautours et révélant son enseignement sur la vacuité (l'absence d'existence inhérente) de tous les phénomènes. Il symbolise donc la connaissance et l'enseignement de la vérité ultime.

 

Lune ou Candra:  

La Lune dans le bouddhisme. Le disque de lune représente la bodhichitta relative, autrement dit l'amour et la compassion, l'activité pour le bien des êtres. A noter que cet aspect actif correspond au pôle masculin et que la lune, dans le bouddhisme, est un astre masculin. Pour cette raison, dans le vajrayana, la lune est associée à l'énergie subtile masculine et à la puissance créatrice du sperme. Elle est souvent représentée avec le soleil qui symbolise la bodhichitta ultime, à savoir la connaissance de la nature ultime des phénomènes et de l'individu, dénués d'existence propre. C'est le pôle féminin, le soleil étant un astre féminin associé, dans le vajrayana, à l'énergie subtile féminine et à l'ovule. Les deux symboles étant souvent représentés sur la partie qui correspond au ciel dans le Thangka.

 

Mahakala, Nagpo Chenpo en tibétain:  

Mahakala ou Nagpo Chenpo en tibétain. Le bouddhisme tantrique le considère comme une forme du dieu hindou Shiva converti à la doctrine bouddhique. Le Bodhisattva Vajrapani l'aurait converti au bouddhisme. Il figure souvent dans les monastères, sur les murs au-dessus des portes d'entrée des salles d'assemblée. Mahakala peut revêtir des formes très variées, mais apparaît le plus souvent sous un aspect féroce, la tête surmontée de petites têtes de mort, aux yeux exorbités, et montrant méchamment ses crocs.

Dans les monastères tibétains, la profusion de représentations d'êtres monstrueux, féroces et grimaçants, aux multiples bras et têtes, frappe l'imagination des plus insensibles. La plupart de ces divinités tireraient leur origine des anciennes croyances qui ont précédé l'introduction du bouddhisme. Les divinités terribles ne doivent pas effrayer les hommes, bien au contraire, ceux-ci doivent essayer de les reconnaître comme des émanations de leur propre nature.

Autrefois, les Tibétains vénéraient les sculpteurs de masques au même titre que leurs oeuvres et leur attribuaient aussi des pouvoirs magiques.

Accrochés aux piliers à l'intérieur des maisons, ou disposés dans les chapelles des temples, ils servent aussi d'objets de dévotion et de protection.

 

Mala en sanskrit, en tibétain phreng-ba, akshamala:  

Le Mâlâ traditionnel c'est le rosaire manière bouddhique, l'un des attributs essentiels du pélerin et de plusieurs divinités. Composé de cent huit grains de grosseur égale, quand le mala est utilisé pour scander la récitation, c'est la main droite qui égrène les perles. Au repos, il est porté le plus souvent à la façon d'un bracelet, enroulé autour du poignet gauche. Il figure généralement dans la main droite des déités ou des maîtres de la lignée pour représenter la pureté de la parole, qui résulte de la récitation des mantras, de la dévotion envers les êtres éveillés et de la sagesse pleine de compassion. Les détenteurs de la lignée, indiens et tibétains, sont très souvent représentés avec un Mala enroulé autour du poignet droit ou gauche. Cent huit, nombre sacré dans la tradition bouddhiste entre-autres. Multiple de douze et de neuf, il représente les neufs planètes dans les douze maisons du zodiaque. Multiple de quatre et de vingt-sept, il représente les quatre quartiers (hebdomadaires) de la lune dans chacune des vingt-sept constellations ou demeures lunaires. Ces demeures sont les vingt-sept divisions de l'écliptique que la lune traverse chaque mois. Toute matière est susceptible de devenir mâlâ: bois (le plus commun), graines, verre, pierres semi-précieuses ou non, ivoire, jade, corail, turquoise, nacre.


Mandala:  

Le cercle du cosmos, tous les amateurs d'art bouddhique connaissent les images artistiques des Mandalas et des divinités qui les peuplent. Ce sont des aides importantes à la méditation tantrique. Le Mandala peut représenter une seule divinité ou bien plusieurs divinités dans leurs connections spirituelles ou cosmiques. Un grand lama, Romzom Chokyi Zangpo, a décrit le Mandala comme étant N'importe quelle facette de la réalité que l'on entourerait de beauté. Mais en général, il s'agit d'un cercle dans lequel s'enchevêtrent d'innombrables figures, images rituelles ou univers symbolique, utilisés comme support de méditation. Un Mandala est soit peint de couleurs vives (les tangkas ou tankas tibétains), soit tracé avec du sable, du riz, de l'argile et même des empreintes de la main. Les mandalas peuvent être réalisés à même le sol avec des poudres colorées (symbolisant l'impermanence), les couleurs y jouent un rôle important, chacune ayant une signification symbolique. Quel qu'il soit, le Mandala est l'image sacrée de l'univers infini, libéré de la tare que représente la dualité, un endroit complétement purifié, libre de toute forme de souillure terrestre. C'est une manifestation symbolique du processus psychique intérieur, un espace dont le centre peut être l'individu. En tant que tel, il n'est créé que pour le temps de la méditation et, une fois celle-ci terminée, il doit retourner à la vacuité dont il avait émergé. Le Mandala Kalachakra, est un carré inscrit dans plusieurs cercles. C'est la représentation symbolique du palais-écrin céleste, demeure des dieux.

 

Manjushri, Jampal Yang, en tibétain:  

Alors qu'Avalokitshvara personnifie la compassion de tous les bouddhas, Manjushri est l'incarnation de leur sagesse active et de la connaissance transcendentale. Manjushri est l'objet d'un hommage étendu dans toutes les traditions du bouddhisme tibétain. Dans les monastères tibétains, les moines ont coutume de réciter chaque matin le Manjushri Nama Samgiti (chanter les noms de Manjushri) dans l'espoir que cela leur apporte le pouvoir que donnent la connaissance et la sagesse. Ce livre est très important et, souvent, c'est le premier que le moine mémorise entièrement. Manjushri et Avalokiteshvara, en tant que boddhisattvas célestes, personnifient la sagesse suprême et la compassion suprême. En tant que boddhisattvas du dixième degré, ils ont tous deux accompli les mêmes étapes spirituelles permettant de devenir un Tathagata, bouddha ayant atteint l'éveil. En tant que prince éternellement jeune, Manjushri transmet la conception bouddhiste des choses d'après laquelle la sagesse n'est pas une affaire d'âge ou d'expérience acquise au fil des ans. Elle est bien davantage le résultat d'un affinage des facultés spirituelles préexistantes qui pénètre jusqu'au coeur de la réalité. Sa couronne de boddhisattva à cinq branches symbolise les cinq sagesses de l'illumination de Bouddha: la sagesse du grand miroir rond, la sagesse de l'essence, la sagesse impartiale, la sagesse de l'intuition du particulier, et la sagesse de la pratique parfaite. Sa main droite tient une épée en forme de flamme à double tranchant qui sépare le noeud de l'ignorance à l'aide de la sagesse impartiale et de la connaissance. Sa main gauche tient un lotus où se trouve un volume du Sûtra du Prajnaparamita. Manjushri est représenté comme beaucoup d'autres bodhisattvas sous différentes formes. En tant que Caturbhuja, il a quatre bras mais ne tient rien d'autre qu'une épée et un livre, il n'a ni arc ni flèches qui symbolisent la précision linguistique et philosophique. Quand il est représenté sous l'apparence d'un Namasangiti avec ses douze bras, il tient ses mains au-dessus de la tête. Ce geste, qui est en fait très rare, évoque l'illumination suprême.

 

Mantra:  

Il s'agit d'une syllabe sacrée et d'un son qui renferment l'essence génétique d'un être et qui rendent cette dernière perceptible par l'esprit. Les Mantras ne sont ni des prières, ni des incantations; les Mantras servent essentiellement à garder l'esprit concentré et alerte quelles que soient les circonstances, une des significations du mot est Protection de l'Esprit. Les Mantras sont des paroles de pouvoir qui sont au-delà du rationnel car ils détiennent un pouvoir par eux-mêmes, le sens des mots est secondaire. La traduction littérale des Mantras nous apprend peu de choses et on ne peut les comprendre que replacés dans le contexte de l'expérience et de la pratique. Un Mantra se compose en général d'une ou de plusieurs syllabes qui sont tout le temps répétées à un certain rythme pendant la durée de la méditation. Le Mantra le plus connu et le plus récité est celui d'Avalokiteshvara, le bouddha de la compassion, OM MANI PADME HUM. Les syllabes initiales et finales ne sont pas traduisibles, la partie centrale du Mantra signifie quant à elle Joyau dans la fleur de lotus. Le son OM symbolise le corps, l'esprit et la parole du bouddha, MANI renvoie au chemin de l'enseignement, PADME correspond à la dimension de sagesse de ce chemin, et HUM évoque l'unification de la sagesse et du chemin. Dans ce Grand Mantra du Toit du Monde, le Tibet tout entier se reconnaît, sa présence s'affirme sur les bannières de prière, les pierres gravées au bord des chemins, les inscriptions en lettres gigantesques étalées au flanc des montagnes, c'est son miroir magique, sa protection préférée, habitée de l'intérieur et suprême parmi les paroles de pouvoir, puisque ce Mantra est indissolublement associé au Dalaï-Lama.

 

Méditation:  

La méditation est l'un des trois composants du chemin bouddhiste, avec la sagesse et l'éthique. Plus qu'un état de détente, c'est une activité non dualiste de conscience introspective, qui peut être enseignée à différents niveaux par un maître, selon les écoles. La méditation ne se pratique pas uniquement assis sur un tapis, mais aussi en marchant, en travaillant, etc.

 

Milarépa:  

Milarépa est, au Tibet, l'une des figures les plus célèbres du Bouddhisme. Il est le premier Tibétain à avoir atteint l'Eveil sans avoir fait le voyage en Inde, prouvant ainsi que le Dharma était désormais implanté au Pays des Neiges.

Criminel dans son adolescence, Milarépa s'engagea ensuite avec intensité dans la voie de la méditation. Il passa la plupart de sa vie en retraite solitaire dans divers ermitages et cavernes à converser avec les animaux et les divinités locales.

Il est connu pour les nombreux chants qu'il composa. Abandonnant l'érudition vaine qui menace toujours la vraie dimension spirituelle, il sut expliquer la subtilité de la doctrine bouddhiste dans un langage simple, vivant et imagé. Il chanta les paysages du Tibet qui, pour lui, évoquaient dans leur beauté et leur profonde désolation, la grandeur de l'enseignement du Bouddha. Milarépa donna ainsi à entendre la joie immense et pleine d'humour qui surgit naturellement lorsqu'on a enfin donné au Dharma toute la place.

Milarépa est reconnaissable à sa main droite tenue contre son oreille. Ce geste indique qu'il écoute l'intuition pure qui jaillit de sa méditation.

Fidèle à la tradition indienne, il est assis sur une peau de bête indiquant le sens de sa motivation.

 

Moulin à Prière ou Khorten ou chos-kor:  

Un Moulin à prière est un objet rituel dont la partie supérieure est mise en mouvement par l'énergie de l'eau, du vent ou par des mouvements de la main. A l'intérieur du Moulin se trouve un rouleau fait en parchemin sur lequel figure un mantra, un texte sacré. Lors de la prière, le moulin est tourné dans la direction du soleil. Chaque rotation correspond à la lecture d'un mantra qui est envoyé dans le monde grâce au mouvement imprimé. Ce qui est le plus important dans ce rituel, c'est la foi investie dans l'efficacité de cet acte. La prière altruiste dans l'intérêt de tous les êtres. Dans l'Himalaya bouddhiste, à l'entrée des monastères, le Moulin à prière ou encore chos-kor peut être de dimensions imposantes, protégé des intempéries par un toit, ou même installé dans une sorte de guérite avec une porte. Un espace libre est alors ménagé tout autour, permettant au dévot d'accompagner le moulin qui tourne et dont l'extérieur est orné de mantras sacrés.

 

Mudra:  

Le Mudra, en sanskrit Geste Sacré qui sert à exprimer la sagesse intérieure. Dans la terminologie bouddhiste, un Mudra est un geste rituel de la main et des doigts de la main effectué par les bouddhas, les déités ou les maîtres. Un Mudra peut être effectué avec une main ou les deux mains et correspond à l'expression corporelle d'une certaine énergie. Les différentes représentations d'êtres bouddhiques peuvent être identifiés sur la base de ces Mudras. Il existe une liste de trente-six gestes, dont douze Mudras à une main et vingt-quatre Mudras à deux mains. Par ailleurs, les Mudras servent aussi de moyen de méditation, ils aident celui qui exécute le geste à libérer l'énergie correspondante. Pendant l'exécution du geste de ces Mudras, Bouddha est souvent assis en position de lotus. La tradition newarie de la vallée de Katmandou connaît huit grands Mudras: le Mudra du dharmachakra ou de l'enseignement, le Mudra de protection et le Mudra du vajra, plus les Mudras de Vajradhatu, de Vajrasattva, d'Amitabha, de Vairocana et de Vajradhara. Les traditions tantrique et yoguique de l'hindouisme comptent cent huit Mudras différents, dont cinquante-quatre d'usage courant. Dans le bouddhisme tantrique, la main droite représente l'aspect masculin des moyens habiles, et la main gauche l'aspect féminin de la sagesse ou de la vacuité. Le vajra et la cloche, l'arc et la flèche, et d'autres attributs couplés sont ainsi tenus dans les mains droite et gauche respectivement pour symboliser l'union des moyens habiles, actifs et de nature masculine, et de la sagesse, contemplative et féminine. L'iconographie du Bouddha comprend six Mudras: celui de l'illumination, celui de la méditation, celui de la discussion, celui de la compassion, celui du refus de la peur et celui du prêcheur.

 

Noeud Eternel ou Noeud Infini ou Noeud Mystique, Srivatsa ou Palbe:  

Pour les bouddhistes, en particulier les partisans du bouddhisme tibétain, le Noeud infini est une forme classique de la représentation de leur perception de la réalité: l'entrelacs (enchevêtrement) des lignes rappelle que tous les phénomènes sont reliés et interdépendants et sont conditionnés par des causes et des conditions. C'est un motif qui ne comporte pas d'interruption et qui rayonne, calme et mouvement. Sans commencement ni fin, il reflète aussi l'infinité de la connaissance atteinte par Bouddha. Témoignage d'amour ou d'éternité, représentant la vie infinie. Le noeud éternel représente la sagesse et la compassion infinies, symbole des enseignements.

 

Om Mani Padme Hum  

Om Mani Padme Hum: prononciation Om-ma-ni-pay-mé-hung. Le Mantra le plus célèbre et le plus récité des mantras tibétains, est celui d'Avalokiteshvara, Chenrezig en tibétain, le bouddha de la compassion, divinité protectrice du Tibet, signifie: Salut au joyau dans le lotus. La répétition inlassable de cette formule permet de s'échapper du cycle des renaissances et d'entrer dans le Nirvana. C'est bien entendu dans l'intervalle de 49 jours qui sépare la mort de la renaissance que ce mantra peut déployer toute sa puissance. Lors de son errance dans l'état intermédiaire (Bardo), l'être perçoit des lumières colorées vers lesquelles il se sent attiré. Ces voies lumineuses le guident vers une renaissance dans un des six mondes. Chacune des six syllabes du mantra a le pouvoir d'empêcher l'être de suivre une de ces six voies lumineuses. Ainsi OM (om) empêche la renaissance dans le monde des dieux (voie lumineuse blanche), MA (ma) empêche la renaissance dans le monde des titans (voie lumineuse verte), NI (ni) empêche la renaissance dans le monde des humains (voie lumineuse jaune), PAD (pay) empêche la renaissance dans le monde des animaux (voie lumineuse bleue), ME (mé) empêche la renaissance dans le monde des preta, esprits sans cesse insatisfaits (voie lumineuse rouge), HUM (hung) empêche la renaissance dans le monde des enfers (voie lumineuse gris sombre).

La partie centrale du Mantra signifie Joyau dans la fleur de lotus. Le son OM symbolise le corps, l'esprit et la parole du bouddha, MANI renvoie au chemin de l'enseignement, PADME correspond à la dimension de sagesse de ce chemin, et HUM évoque l'unification de la sagesse et du chemin.

Dans ce Grand Mantra du Toit du Monde, le Tibet tout entier se reconnaît, sa présence s'affirme sur les bannières de prière, les pierres gravées au bord des chemins, les inscriptions en lettres gigantesques étalées au flanc des montagnes, c'est son miroir magique, sa protection préférée, habitée de l'intérieur et suprême parmi les paroles de pouvoir, puisque ce Mantra est indissolublement associé au Dalaï-Lama.


Padmasambhava, Guru Rinpoche en tibétain:  

Padmasambhava (Guru Rinpoche en tibétain), personnage mythique ou historique né au Cachemire au VIIème siècle, introducteur du bouddhisme tantrique au Tibet. La tradition le suppose doté de pouvoirs magiques extraordinaires et le désigne sous le nom de Né du Lotus. Quelle que soit la doctrine du monastère disposant de sa représentation, il trône assis en position du lotus, vêtu d'habits rouges, la coiffe terminée par un demi-vajra. Son visage qui arbore un certain mécontentement s'orne d'une fine moustache. Il tient un vajra de la main droite et un couperet ou une coupe crânienne remplie du nectar de l'immortalité de la main gauche. Le long de son côté gauche se dresse le sceptre tantrique orné de têtes coupées et de rubans, terminé par un trident. Il apparaît aussi parfois sous une de ses huit formes courroucées sous lesquels il parvint à subjuguer les adversaires du bouddhisme.

 

Philosophie:  

Le mot philosophie, littéralement L'Amour de la Sagesse, désigne une activité et une discipline existant depuis l'Antiquité et se présentant comme un questionnement, une interprétation et une réflexion sur le monde et l'existence humaine. Différents buts peuvent lui être attribués, de la méditation sur le bien et le beau, à celle du sens de la vie et du bonheur, elle consiste plus largement dans l'exercice systématique de la pensée et de la réflexion. La philosophie peut également se concevoir comme une activité d'analyse ou de méditation sur des concepts.

 

Phurbu ou Vajrakila, Phurba, Phurpa, Phurbus:  

Le Phurbu, il s'agit d'un poignard ou d'une dague magique appelé aussi poignard des esprits. Il possède une triple lame qui a été faite à partir de cinq métaux.

La lame est surmontée d'un manche souvent à l'effigie d'une divinité ou en forme de Dorje. Largement répandu cet instrument est réputé avoir des qualités magiques et tient souvent de l'objet d'art. On l'utilise pour tenir en respect les mauvaises vibrations et les maladies, pour chasser les esprits maléfiques, combattre les ennemis de la Loi, dans le cadre du meurtre spirituel d'une poupée symbolisant le démon de l'égo ou l'ennemi de l'enseignement bouddhique. Son rôle est essentiel dans les danses masquées; réunis en rond, cent huit Phurbus forment un cercle protecteur qui éloigne les influences néfastes.

Le phurpa ou phurbu chamaniste est un outil thérapeutique employé par des chamans himalayens en vue de guérir une maladie physique ou psychique, ou d’exorciser des cas de possession. Son maniement est enseigné ancestralement par des chamanes qui continuent encore de nos jours à faire perdurer cette pratique. Elle est réservée à des initiés arrivés à un niveau de conscience leur permettant, au cours de transes, de terrasser des démons internes, non de les tuer mais d’anihiler leur pouvoir maléfique.

 

Pierre Mani ou mur Mani:  

Les Pierres Mani recèlent des mantras d'avalokishvara, textes sacrés (OM MANI PADME HUM). Dans l'Himalaya Bouddhiste les croyants ou pélerins posent ces pierres devant les monastères. Pour les murs il s'agit de pierres très larges servant à l'édification de remparts destinés à protéger les accès aux monastères sur lesquels les pierres Mani sont posés à la surface, les bouddhistes font le tour de ces murs en priant dans le sens des aiguilles d'une montre.

 

Pleine conscience:  

Attention pleine et maîtrisée. Etre conscient des choses telles qu'elles sont, en elles-mêmes, et rien d'autre.

 

Quatre concentrations:  

Les quatre concentrations, ou Samadhis, sont quatre étapes d'absorption méditative qui conduisent à une renaissance dans les sphères de la forme pure.

 

Quatre éléments de la matière, plus un Cinquième élément indispensable à l'existence de la matière ou la Symbolisation du Stûpa:  

Les quatres éléments qui composent la matière et qui forment l'univers matériel sont, la terre, l'eau, le feu et l'air. Les propriétés spécifiques de ces quatre éléments sont, respectivement, la solidité, la fluidité, la chaleur et le mouvement. Dans la pensée de toutes les écoles du bouddhisme, ces quatre éléments sont collectivement connus sous le nom de rupa. Il existe aussi un cinquième élément, l'espace, qui contient les quatre éléments de la matière. En un sens, l'espace offre la possibilité d'existence aux quatre éléments de la matière que sont la terre, l'eau, le feu et l'air. L'espace est ce qui soutient et rend possible l'existence de tout l'univers matériel. Dans la pensée bouddhique, l'espace est considéré comme étant d'une certaine manière plus réel, plus ultime que les quatre éléments matériels. Chacun de ces cinq éléments est associé à une couleur particulière et à une forme géométrique particulière. La terre est associée au jaune et au cube, l'eau au blanc et à la sphère, le feu au rouge et au cône ou à la forme pyramidale, l'air au vert pâle et à une sorte d'hémisphère ou parfois à une forme de bol, et l'espace au bleu et à la goutte enflammée. Le symbolisme de ces cinq éléments a été incorporé dans la structure du stupa durant la phase Vajrayana (tantrique) de développement du bouddhisme en Inde. En d'autres termes, le Tantra en est venu à considérer le stûpa comme un symbole architectural de tout l'univers matériel tel qu'il existe dans l'espace. L'ordre dans lequel le Tantra a placé les formes géométriques l'une sur l'autre n'est pas arbitraire. Les symboles sont placés dans l'ordre croissant de subtilité des éléments qu'ils représentent, le plus grossier en bas et le plus subtil en haut. L'eau est plus raffinée et plus subtile que la terre, le feu est plus raffiné et plus subtil que l'eau, l'air est plus raffiné et plus subtil que le feu et, tout en haut, l'espace est le plus raffiné et le plus subtil de tous les éléments. En allant plus loin et en transposant ce symbolisme du stûpa à l'esprit, du monde matériel au monde mental et spirituel, ces niveaux mentaux et spirituels peuvent aussi être symbolisés par les cinq éléments. De cette manière, pour le Tantra, le stûpa devint un symbole non seulement du monde matériel, mais aussi du monde de l'esprit, du monde des niveaux de conscience successifs, ou plutôt des stades successivement plus élevés de la transformation de l'énergie psychospirituelle.

 

Ratnasambhava:  

Ratnasambhava est une entité associée à l'avidité et à l'orgueil et qui est considérée, quand elle est transformée en son contraire, comme l'incarnation de la générosité. Il transforme ces vices en une sagesse qui correspond à la connaissance que tous les êtres sont égaux. Ratnasambhava est un des Cinq Bouddhas transcendants, également appelés Tathagatas en sanskrit, les quatres points cardinaux ainsi que le milieu leur sont soumis, ils sont les gardiens et les souverains de ce que l'on appelle les paradis intermédiaires. Ratnasambhava est le chef de la famille des Joyaux, son point cardinal est le sud et son élément est l'air. Le plus souvent on le trouve représenté en jaune.

 

Réincarnation:  

Réincarnation, pouvoir donné à certains individus particulièrement méritants de renaître volontairement sous forme humaine, en choisissant dans quel corps ils vont revivre. C'est le cas des bodhisattvas.

 

Renaissance:  

Contrairement à la réincarnation, la Renaissance n'est pas volontaire et n'implique pas forcément un retour à une forme humaine; selon le karma accumulé, on peut renaître comme déité, animal, etc.

 

Roue de la Loi:

 

Symbole solaire depuis l’Antiquité, tournant sans cesse comme la voute céleste, la Roue (Chakra en sanskrit) représente le mouvement, la continuité et le changement. La Roue devint pour les bouddhistes le dharmachakra (la roue des enseignements du Bouddha). Elle représente l'unité de toutes les choses et demeure le symbole par excellence de la doctrine. Le terme tibétain (khor-lo), que l’on peut traduire par roue du changement, se réfère à la fulgurante transformation spirituelle déclenchée par les enseignements du Bouddha. Les trois composantes de la Roue de la Loi, le moyeu, les rayons et le cerceau, représentent les trois aspects majeurs de l’enseignement bouddhiste: la discipline, la sagesse et la concentration. La discipline éthique est le moyeu qui centre l’esprit et le stabilise. La sagesse et l’intelligence du discernement sont les rayons acérés qui éradiquent l’ignorance. L’absorption méditative est le cerceau qui entoure la roue, facilitant son mouvement. La Roue de la Loi à huit rayons symbolise la Noble Voie Octuple ou Octuple Sentier et la transmission de l’enseignement dans les huit directions, les huit voies de libération qui mènent à l'Eveil. Les huit rayons, le chemin qui mène à la possibilité de suspendre le Samsara (le cycle des réincarnations), et à l'issue duquel se trouve le Nirvana, la voie des huit états: la compréhension juste, la pensée juste, la parole juste, l'action juste, la vie juste, l'aspiration juste, la mémoire juste et le recueillement juste en soi; l'utilisation de la sagesse dans la perspective du vide par lequel on dépasse l'ignorance. La Roue de Bon Augure ou Roue d’Or est façonnée dans l’or le plus pur, les huit rayons ont la forme de diamants et le moyeu est orné d’un tourbillon de joie à trois sections généralement. Trois sections représentent les Trois Joyaux (Bouddha, dharma et sangha) et la victoire sur les trois poisons (ignorance, attachement et aversion). Le cerceau figure parfois dans un écrin en forme de poire, une petite base en forme de lotus soutient généralement la roue. La Roue d’Or ( dharmachakra) flanquée d’un cerf ( à gauche) et d’une biche (à droite), couronne traditionnellement le toit protégeant l’entrée des temples et des monastères bouddhistes. Les deux cervidés paisibles observent la roue avec une attention respectueuse.

 

Roue de la Vie:  

La Roue de la Vie inscrit visuellement les diverses étapes des existences. On en trouve généralement peintes sur les murs ou sur papier voire sur tissu, dans tous les monastères. Elle rappelle à tous les êtres sensibles que le but suprême demeure l'Eveil. Reproduite ou recréée sans relâche, elle a accompagné des générations de rudes nomades ou de fins lettrés sur les voies multiples de la recherche ou de la dévotion, remémorant à chacun le temps qui passe et les Quatre Nobles Vérités: l'existence de la souffrance, son origine et ses causes, sa cessation et la voie pour y atteindre. La Roue de la Vie comprend les six domaines de l'existence dans lesquels chaque être peut être réincarné dans le cadre du cycle des réincarnations. La Roue de la vie est une image qui sert à illustrer les enseignements donnés par le Bouddha sur l'impermanence, la souffrance, le karma, la mort, la renaissance dans l'un des six mondes samsariques et les douze liens de la production conditionnée. Au centre de la Roue, le porc noir, le coq rouge et le serpent vert qui se mordent la queue représentent les trois poisons principaux, l'ignorance, l'attachement et la colère. Dans le cercle suivant figurent, dans la moitié droite, de couleur blanche, des êtres qui montent vers les mondes supérieurs; dans la moitié gauche, de couleur sombre, des êtres qui chutent dans les trois mondes inférieurs. Autour de ce cercle, un troisième cercle assez large est divisé en cinq ou six sections dépeignant en bas, les trois mondes inférieurs (animaux, esprits avides et divers enfers) et, en haut, les deux ou trois mondes supérieurs (humains, titans et dieux). Enfin, dans le dernier cercle, le plus extérieur, sont dépeintes les douze métaphores illustrant les liens de la production conditionnée. Yama, qui représente le seigneur de la mort ou le démon rouge de l'impermanence, tient la Roue entre ses crocs et ses griffes. Dans le ciel au-dessus de la Roue se tient le Bouddha Shakyamuni, le bras droit levé comme s'il montrait la lune du doigt, indiquant ainsi que c'est l'enseignement qui explique aux êtres comment se libérer de la Roue du Samsara. Cette manière de représenter la Roue de la Vie, extrêmement ancienne, serait parfaitement conforme à la description qu'en fit le Bouddha lui-même.

 

Sagesse, prajna en sanscrit:  

Souvent associée à l'éveil, la sagesse peut faire référence à la connaissance intuitive de la véritable nature de la réalité, c'est-à-dire la vacuité. Si en Occident la sagesse est souvent assimilée au résultat d'une accumulation de connaissances, en Orient elle est souvent considérée comme le résultat de la reconnaissance de l'ignorance. Elle est souvent intuitive, comme dans l'idée occidentale du bon jugement. Elle est souvent associée à la compassion quand on parle de développement spirituel.

 

Shamata, premier niveau de méditation:  

Pratique du bouddhisme tibétain signifiant Paix de l'Esprit. C'est le premier niveau et la base de toutes les autres formes de méditation. Shamata, signifiant demeurer paisible, vise à stabiliser l'esprit en laissant se déposer pensées et émotions comme la boue au fond de l'eau. Méditer demande de la volonté et de la discipline et nécessite un apprentissage. Méditer c'est aller à la rencontre de soi-même pour acquérir un autre regard sur tout ce qui nous entoure, c'est aussi une pratique permettant de maintenir un état d'esprit calme et centré dans chacune de nos actions et à chaque moment de notre vie.

 

Shakyamuni  

Siddharta Gautama vivait il y a environ 2500 ans au Bihar en Inde. C'était le fils d'un souverain d'un petit royaume dirigé par la tribu des Shakya. Le nom de famille du Bouddha était Gautama, son nom de prince était Siddharta, et apres son illumination il prit le nom de Shakyamuni qui signifie Le Sage des Shakya. Longtemps protégé des souffrances du monde extérieur et des réalités dans le palais de son pere, c'est lors d'une sortie, de cet univers sur-protégé, que le déclic initial survint, confronté a la misere et a la réalité. Apres une rencontre avec des ascetes, et apres avoir cru aux principes de vie de ces derniers, il prit conscience que son chemin était ailleurs. Il se mit sous un arbre, un bodhi, a proximité de la ville de Gaya (Bodhagaya) afin de méditer. Pendant une longue période il resta ainsi en méditation, puis une nuit il eut une illumination, il venait de trouver la réponse a la question concernant le sens de la vie. C'est précisément ce sens qui est au centre de l'enseignement bouddhique. Gautama Bouddha quitta la foret, se rendit a Sarnath pres de Varanasi en Inde, et a un endroit connu aujourd'hui sous le nom de place des cerfs eut lieu le premier sermon d'initiation a l'enseignement des Quatres Nobles Vérités; celui-ci repose sur les éléments de connaissance suivants: 1-La vérité de la souffrance, 2-La vérité de l'apparition de la souffrance, 3-La vérité de l'annulation de la souffrance, 4-La vérité du chemin qui conduit a l'annulation de la souffrance. Gautama Bouddha passa des décennies a propager ce message a travers l'Inde avant de disparaître vers l'an 480 de notre ere. Il est souvent représenté portant un simple vetement de moine avec une couleur de peau dorée, les lobes des oreilles étirés vers le bas pour indiquer qu'il pouvait entendre a l'intérieur de lui-meme, une petite boucle ondulante entre les sourcils symbolise l'oeil de la sagesse et le noeud dans les cheveux correspond a un signe d'illumination. L'enseignement de Gautama Bouddha doit etre considéré comme un systeme d'explication qui conduit a pouvoir mettre un terme a la souffrance. Celui qui s'y adonne adopte un comportement éthique, au travers d'un recueil méditatif menant a la connaissance de la vraie nature de la réalité, consistant également a éviter d'infliger de la souffrance a d'autres etres vivants.

 

Samsara:  

Les bouddhistes tibétains croient profondément en une renaissance, la mort, loin d'être la fin, est le début d'une autre existence. Samsara est le nom que l'on donne à ce cycle de naissance. Chaque fois que nous renaissons, nous nous retrouvons dans une existence dominée par la dukha (souffrance, peine, insatisfaction). Ce cycle durera jusqu'à ce que nous atteignons l'éveil, but ultime du bouddhiste, qui seul peut nous libérer du Samsara. Six différents mondes d'existence peuvent accueillir les êtres à renaître. Ils se retrouveront dans l'un ou l'autre de ces mondes, selon que leur karma sera plus ou moins positif. Karma signifie littéralement action. Chaque action ayant des conséquences, cette loi de cause à effet déterminera dans quel état l'individu pourra renaître. Dans l'iconographie tibétaine, le Samsara est symbolisé par le bhavachakra ou Roue De l'Existence. La roue est partagée en six portions distintes, la moitié supérieure correspondant aux Trois Renaissances Favorables, la moitié inférieure aux Trois Renaissances Défavorables. Au centre de La Roue De l'Existence se trouvent les Trois Poisons, la cupidité, la haine, l'ignorance (symbolisés par le coq, le serpent et le porc) qui alimentent les actions négatives, cause de notre emprisonnement dans l'Océan Infini du Samsara. Tout autour de La Roue De l'Existence, autour des six mondes sous entendu physiques et psychiques, douze images symbolisent les douze maillons ou Causes Interdépendantes qui détermineront le passage des êtres dans les six mondes du Samsara. Le Samsara, selon une citation du grand Maître Dilgo Khyentsé Rinpoché: C'est l'état d'être non éveillé dans lequel l'esprit, esclave des trois poisons du désir, de la colère et de l'ignorance, évolue sans contrôle d'un état à l'autre.

 

Soleil ou Surya:  

Surya est le mot sanskrit pour désigner le Soleil. Le soleil dans le bouddhisme symbolise la bodhichitta ultime, à savoir la connaissance de la nature ultime des phénomènes et de l'individu, dénués d'existence propre. C'est le pôle féminin, le soleil étant un astre féminin associé, dans le vajrayana, à l'énergie subtile féminine et à l'ovule. Il est souvent représenté avec la lune qui représente la bodhichitta relative, autrement dit l'amour et la compassion, l'activité pour le bien des êtres. A noter que cet aspect actif correspond au pôle masculin et que la lune, dans le bouddhisme, est un astre masculin. Pour cette raison, dans le vajrayana, la lune est associée à l'énergie subtile masculine et à la puissance créatrice du sperme. Les deux symboles étant souvent représentés sur la partie qui correspond au ciel dans le Thangka.

 

Stupa:  

Le Stupa ou Chorten, qui sert à enchâsser les reliques physiques du bouddha, il représente l'Esprit ou le Corps absolu de l'Etre éveillé. Le Bouddha historique Gautama (Shakyamuni) demanda avant sa mort à ce que ses restes soient enterrés dans un stupa. Le Stupa représente également symboliquement un système complexe dans lequel chaque élément correspond à un aspect particulier de la voie de l'Eveil. La base du Stupa, constituée d'une superposition de plusieurs marches carrées, forme le trône léonin. Sur le trône viennent ensuite, l'un sur l'autre, un dôme hémisphérique, un reliquaire carré appelé harmika, une flèche comportant jusqu'à treize roues de parasol et une couronne faite d'une ombrelle en forme de lotus, d'un croissant de lune, d'un disque solaire et d'un bindu. Le Stupa vu de haut correspond au mandala à cinq parties. Il existe au total huit sortes de stupas, tous tibétains (voir aussi en complément la rubrique Quatre éléments ou Symbolique du Stupa).

Le stupa de Bodnath à Katmandou au Népal est un des plus grands de l'Himalaya, c'est par conséquent un lieu de pélerinage incontournable pour tous les pratiquants bouddhistes de la planète entière. Le monument est majestueux, presque trop grand pour être réel, 40 mètres de hauteur sur 40 mètres de largeur, il impressionne d'emblée le visiteur. Les Yeux du Bouddha peints au quatre coins et points cardinaux vous fixent et vous figent dans un état de contemplation profonde. Le Stupa semble vivant.

Les stupa ne sont pas des monuments creux, construits à l'origine pour abriter de saintes reliques ou commémorer un événement, leur structure symbolise la doctrine bouddhiste. Certains disent que le stupa de Bodnath recèle un fragment d'os du Bouddha historique Shakyamuni, mais personne ne peut l'affirmer...

La base du stupa a la forme d'un mandala (diagramme ésotérique) symbolisant la terre. Sur cette base à quatre étages repose le dôme (symbolisant l'eau), puis la flèche (symbolisant le feu), le parasol (symbolisant l'air) et le pinacle (symbolisant la voûte céleste). Les Yeux du Bouddha peints sur les quatre faces de la base carrée de la flèche ou tour, ainsi que le troisième oeil, beaucoup plus petit et légèrement au-dessus, symbolisent le regard perçant du Bouddha qui voit tout et sait tout. A l'emplacement du nez se trouve le chiffre Un, qui en écriture népali  représente l'unité de toute vie ou la non-dualité de toute chose. La flèche comporte treize marches, symboles des treize stades de l'accès au Nirvana. Cent huit petites représentations du Bouddha Shakyamuni sous toutes ses formes entourent la base du tertre circulaire sur lequel se dresse le stupa. Dans le mur entourant et formant l'enceinte du monument sont creusées cent quarante sept niches qui abritent chacune quatre ou cinq moulins à prières contenant tous le puissant mantra Om mani padme hum.

 

Svastika ou croix gammée, youngdroung:  

La svastika est un symbole ancien de l'Inde repris par le bouddhisme. Il comporte le sens de bon augure et de bonheur ainsi que de durée, de stabilité, de permanence. C'est pour cette raison qu'on la trouve fréquemment représentée devant les trônes des grands lamas. La croix gammée symbolise alors la pérennité de l'enseignement en même temps qu'elle représente un souhait de longue vie pour l'enseignant. Il existe des svastikas tournant vers la droite , d'autres vers la gauche. Les premières sont plus fréquemment utilisées par les bouddhistes, les secondes par les boeunpos, la religion pré-bouddhique du Tibet.

 

Thangkas ou Tangkas  

D'après la tradition tibétaine originelle, les Thangkas ou Tangkas, sont des créations issues d'un art visionnaire. La fabrication de ce type d'oeuvres est étroitement associée à l'exécution de rituels et d'exercices de méditation de telle sorte que leur achèvement peut parfois prendre des années.

Dans la tradition occidentale, les tableaux sont toujours encadrés en fonction d'une certaine sensibilité esthétique. Ces cadres ont simplement pour fonction de souligner l'effet d'une image, d'une peinture. L'encadrement en tissu d'un Thangka possède en revanche une signification spirituelle importante qui est inséparable de l'image elle-même. Cette dernière et le cadre se complètent pour former une unité symbolique mais aussi artistique car il n'existe pas vraiment de frontières entre les deux. L'encadrement avec ses parties de tissu clairement délimitées reflète la structure de base de la conception tibétaine du monde et évoque en même temps les thèmes spirituels qui se retrouvent dans l'image sous forme d'objets. On utilise essentiellement des peintures minérales pour colorer les soies et les tissus de lin, les effets de dégradé étant obtenus par l'utilisation de couleurs végétales.


Tara ou Drolma en tibétain, la déesse sur le lotus:  

La Tara est sans conteste la divinité féminine la plus populaire au Tibet. Elle incarne l'aspect féminin de la compassion ou de l'amour-bonté. Les Tibétains disent souvent de Tara qu'elle est La Mère de Tous les Bouddhas. Tara se manifeste sous deux formes principales: la Tara Blanche et la Tara Verte. La Tara Verte est la plus populaire, sa couleur symbolisant la dimension active de la compassion. La Tara Blanche est plus communément invoquée pour obtenir la longévité. Elle est représentée assise en tailleur, une tige de lotus blanc dans la main gauche, la main droite étendue, comme celle de la Tara Verte, pour accorder les bénédictions et la réalisation des désirs. L'hommage rendu à Tara est très répandu au Tibet. Elle est essentiellement celle qui protège et qui sauve l'homme ordinaire de tous les dangers. Tara est aimée de tous les Tibétains, laïcs et moines; le rite qui lui est dédié est pratiqué dans tous les monastères, petits et grands, ainsi que dans les foyers.

 

Theravada:  

Theravada est un terme générique qui désigne les écoles bouddhistes qui se sont développées en Asie du sud et du sud-est, la plus connue d'entre elles étant le Vipassana ou Méditation intérieure.

 

Tingsha ou Ting-shas:  

La musique liturgique tibétaine est riche de sonorités fascinantes dont certains disent avoir ressenti de prime abord une sainte frayeur. Ces sonorités sont façonnées pour induire une réceptivité à des vibrations singulières, porte ouverte sur une réalité au-delà de la réalité. Dans le bouddhisme tibétain des cymbales de tailles diverses sont employées durant les services, les plus larges et les plus grandes lors des cultes des déités terribles, les plus petites pour les divinités bienveillantes, la présentation des offrandes ou certaines cérémonies tantriques. Leur sonorité commande précisément les proportions de l'alliage métallique dont elles sont façonnées. Les tingshas ou ting-shas sont traditionnellement utilisées par les moines tibétains. Elles ouvrent l'espace et permettent d'élever les âmes des défunts. Les tingshas sont des petites cymbales, en alliage métallique, reliées par une cordelette ou une lanière. En les frappant doucement l'une contre l'autre on obtient un son cristallin, suivi d'une longue période de vibration, procurant un sentiment d'ouverture de l'espace intérieur.

Elles sont aussi utilisées, seules ou en accompagnement d'autres instruments de musique, en support à la méditation. Les Tingshas s'utilisent également dans le cadre de soins énergétiques, en accompagnement des bols chantants tibétains notamment. En thérapie alternative sonore, les sons et vibrations que ces instruments génèrent, traversent les cellules, entrent en résonance avec les différents systèmes du corps, libèrent les tensions physiques et psychiques nuisibles au bien-être et aident par leur fréquence harmonieuse originelle à stimuler le corps pour qu'il retrouve ses propres fréquences harmonieuses vibratoires.

 

Tourbillon de joie:  

Le tourbillon de joie ou gakhyil est composé de trois joyaux (ou davantage) entrelacés qui peuvent tourner vers la droite ou vers la gauche. Il symbolise la grande félicité, c'est à dire le bonheur inhérent à la nature de l'esprit, au-delà des joies et des bonheurs ordinaires. Malgré la parenté graphique, il ne présente pas de rapport de sens avec le yin-yang chinois.

 

Trois (Précieux) Joyaux:

 

 

Le Bouddha, le dharma (l'enseignement) et la sangha (la communauté) sont les trois refuges d'un bouddhiste.

 

Trois Poisons ou trois émotions négatives:  

Les trois principales émotions sources de conflit: l'ignorance, l'attachement et l'aversion. Elles sont représentées au centre de la Roue de la Vie par un porc noir, un coq rouge et un serpent vert qui forment un cercle en se mordant la queue. C'est ainsi que l'ignorance produit le désir ou l'attachement, qui produit l'aversion, la colère ou la haine, qui produit encore plus d'ignorance.

 

Trois Portes ou triple portail:  

L'image du Bouddha représente Le Corps et les Actes, parfaitements purs, des êtres éveillés. Ensemble, une image de bouddha ou de déité, un texte religieux et un stupa symbolisent la pureté du Corps, de la Parole et de l'Esprit éveillés. Ces trois portails du Corps, de la Parole et de l'Esprit éveillés, encore appelés les Trois récipients ou les Trois Vajras font écho, en Occident, au principe religieux de la pensée, des paroles et des actes justes ou vertueux. Les Trois Vajras correspondent aussi aux trois Kayas: l'aspect du Corps correspond au Chakra de la tête; l'aspect de la Parole correspond au Chakra de la gorge; l'aspect de l'Esprit correspond au Chakra du coeur. La syllabe Om blanche, au sommet de la tête, correspond à l'aspect purifié du corps, le Corps de manifestation. La syllabe rouge Ah, à la gorge, correspond à l'aspect purifié de la parole, le Corps de jouissance. La syllabe Houng bleue dans le coeur correspond à l'aspect purifié de l'esprit, le Corps absolu.

 

Trois Véhicules:  

Le bouddhisme comprend une multitude d'écoles, regroupées dans les trois yana ou Véhicules, basés sur les trois grands principes énoncés par le Bouddha. Premier yana, ne jamais commettre le mal, école Hinayana, ou Petit Véhicule. Deuxième yana, faire le bien en toutes choses, école Mahayana, ou Grand Véhicule. Troisième yana, discipliner son propre esprit, école Vajrayana, ou Véhicule du Diamant. Hinayana, le bouddhisme originel, appelé aussi Theravada (Voie des Anciens) dont l'enseignement est centré sur un idéal d'accomplissement individuel, ce qui n'empêche pas la compassion d'y être très présente et la doctrine Hinayana d'être reconnue et intégrée par les deux autres Véhicules. Mahayana, le Véhicule centré sur l'exercice de la compassion, ou Grand Véhicule, car il est en mesure de transporter beaucoup de monde le long de la Voie, par opposition au Petit Véhicule, Hinayana, destiné à un nombre plus restreint d'adeptes. Le Mahayana va s'imposer en Chine, au Tibet et progressivement au Japon. La notion de compassion est centrale dans le Grand Véhicule, considérée comme indispensable à la réalisation spirituelle de l'individu, elle est personnifiée par les Bodhisattvas, des êtres parfaitement réalisés, qui renoncent à la béatitude du Nirvana pour aider les autres à progresser dans la Voie. Vajrayana, la Voie rapide à l'Eveil, ou Véhicule du Diamant vise à faire apparaître le trésor qui est à l'intérieur de chacun de nous, cette Nature de l'Esprit aussi pure et tranchante qu'un diamant. Les pratiques ésotériques du Vajrayana sont codifiées dans des textes non spécifiques au bouddhisme appelés Tantras. Parfois appelé Voie rapide à l'Eveil, le Vajrayana est constitué de pratiques très puissantes et n'est donc pas conseillé aux débutants. La relation au maître est un élément central, ainsi que la Prise de Refuge dans les Trois Joyaux (le Bouddha, le Dharma et le Sangha).

 

Vacuité:  

La Vacuité, ou vérité ultime, est le mode réel des choses, à savoir l'absence d'être en soi et par soi aussi bien de l'individu que des phénomènes. Théorie selon laquelle les phénomènes sont vides d'existence réelle, parce qu'ils dépendent de certaines conditions pour exister. La Vacuité (shunyata en sanscrit) est la nature ultime des phénomènes, son vrai sens n'est pas celui de Vide mais de Libre, de non limité, d'ouvert.

 

Vairocana:  

Vairocana incarne la transformation de l'état d'aveuglement et d'ignorance en réalité parfaite. Vairocana est un des Cinq Bouddhas transcendants, également appelés Tathagatas en sanskrit ou aussi Bouddhas Dhyani, les quatre points cardinaux ainsi que le milieu leur sont soumis, ils sont les gardiens et les souverains de ce que l'on appelle les paradis intermédiaires. Toutes les propriétés des quatre autres Bouddhas Dhyani sont réunies en lui. Ses mains esquissent le geste de l'enseignement, de l'équilibre intérieur absolu. Son signe spécifique est la roue ou le soleil. Il porte une couronne comme bijou décoratif sur la tête et le bijou de joyaux d'un Bodhisattva. Il est le chef de la famille bouddhique de la Roue, son point cardinal est le Centre du monde, son élément est l'éther, sa couleur de peau est blanche.

 

Vajrapani:  

Vajrapani, le porteur de vajra, le maître des secrets, bodhisattva fréquemment représenté sous un aspect courroucé. Il symbolise l'énergie et la puissance.

 

Vipassana:  

Vipassana, méditation de la pleine conscience pratiquée dans les écoles du Theravada. Elle est souvent appelée méditation intérieure en Occident. Connaissance intuitive de l'impermanence et de l'absence d'identité permanente, distincte et substantielle de toutes choses, conduisant à la compréhension de la véritable nature de la réalité.

 

Yeux de Bouddha:  

Pour ce symbole, il s'agit de la représentation des Yeux de Bouddha qui peuvent tout voir. Le nez a la forme du chiffre 1 dans l'écriture de la tribu népalaise des Newar. On trouve souvent ce symbole sur les quatre faces ou cotés du Stupa népalais (voir aussi en complément la rubrique stupa).

 

Yin et Yang:  

Le Yin et le Yang forment ensemble un cercle constitué par leur forme en goutte d'eau; ce cercle est divisé en deux par une forme en S. Les deux points dans les surfaces fermées indiquent que chaque élément porte en lui à l'apogée de sa réalisation son contraire et qu'il peut dès lors évoluer vers l'entité opposée. Le Yin est le principe féminin, passif, recevant, sombre et doux; le Yang constitue le principe masculin, actif, clair et dur. L'Univers entier est issu du jeu existant entre ces deux forces créatrices.

 

   

BIBLIOGRAPHIE et chaleureux remerciements:

Le Livre de la Sagesse Tibétaine, John Peacock, 2003 Editions Gründ.

Symboles Bouddhistes, Tatjana & Mirabai Blau, 1999 Guy Trédaniel.

Les Symboles du Bouddhisme Tibétain, Robert Beer, 2006 Albin Michel.

Le Livre des Morts Tibétain, Padmasambhava, 2009 Buchet Chastel.

Bouddhisme au quotidien, Nathalie Chassériau, 2005 Hachette.

Les Symboles du Bouddhisme Tibétain, Claude B.Levenson, 2003 Assouline.

 

retour en haut de page


  Réalisation / Powered by osCommerce

fitsa